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Nom du blog :
idem
Description du blog :
Journal intime à destination de l'aimée
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
11.06.2006
Dernière mise à jour :
11.06.2006
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Fais demi-tour

Posté le 11.06.2006 par Stephane

Je sais bien que tu n'as plus envie de me lire. Ceux qui ici me suivent, me sont fidèles, auront déjà remarqué que plusieurs pages parlant de toi dans ce blog ont disparu. Envolées, détruites... Comme je viens rageusement de détruire le roman que je te consacrais et dont j'avais écrit déjà plus de 150 pages... Une crise de colère, de démence sûrement, parce-que là, ce soir, je viens de prendre conscience que tout est bien fini, que tu ne veux pas faire demi-tour. Lis mon article précédent, je t'aime, et tu comprendras pourquoi je te supplie encore !

J'ai mal ce soir, mal comme je n'ai jamais eu mal, à presque en implorer la mort ! Mais je dois vivre, même avec cette douleur ! Et cette douleur me visse au coeur un sentiment nouveau pour moi : la haine ! Oui la haine ! Ce n'est plus une simple colère, une simple rage ! C'est la haine ! Enfin je le connais ce sentiment merdique que je m'appliquais pourtant à fuir ! Enfin je peux moi aussi cracher le fiel, après avoir déversé des kilos de miel ! Et je l'avoue, oui je l'avoue, j'aime cette haine ! Je n'en rougis pas ! Je souffre tellement, ce soir, que j'ai bien le droit à ça ! Je n'ai de toute façon rien trouvé d'autre pour m'empêcher de me flinguer, de vous tirer ma révérence ! Faire un pied de nez à cette vie qui me file la gerbe ! Je n'en peux plus de subir tout ce que je subis ! Je n'en peux plus de t'aimer pour rien, de rester là comme un chien à t'attendre, tout en me disant que tu ne reviendras jamais !

Putain que je t'aime pourtant ! J'irais tuer pour toi ! Mais tu ne m'entends plus ! Tu me nargues même, inconsciemment, de ton renouveau de bonheur avec « Lui ». Et moi je crève ! Bien sûr tu n'as pas tort, je t'ai sûrement fait autant de mal que tu m'en as fait ! Bien sûr je t'accorde ça ! Mais fallait pas que tu me dises je t'aime ! Fallait jamais que tu me le dises, ou alors que tu le dises toujours ! Parce-que moi pauvre con, je te croyais quand tu le disais ! Aujourd'hui tu veux que je m'efface mais je ne le ferai pas ! Je ne parlerai peut-être plus de toi mais je resterai là ! Plus à t'attendre, non ! Mais à me battre ! Je vais remuer le ciel, la terre, mais je gagnerai cette guerre ! Enfin te faire comprendre que je t'aime !

Tu me voulais fort, je vais l'être ! Tu voulais que je te protège ? Je vais le faire, même sans ton accord ! Tu me voulais mari, père ? Alors viens, là, maintenant, et je t'épouse, juste entouré des deux témoins obligés ! Et cette nuit, demain je te fais cet enfant ! Parce-qu'avec toi je le veux ! Je veux ce fruit de nous ! Ce bébé qui nous ressemblera, nous aimera, nous haïra ! Que tu me prouves que tu ne me mentais pas ! Que tu me prouves que tu m'aimais au moins un millième de ce que je t'aime ! Que tu m'aimes et tu vas venir ! Et là, demain, dans ces pages, vous, ne lirez plus ma douleur, mais ma victoire, une victoire de l'amour !

J'ai la haine oui ! Je le redis ! J'en ai trop bavé, cette fois la coupe est pleine ! J'ai compris ce soir que pleurer ne sert à rien ! Pleurer, verser des larmes, c'est être le Christ, c'est tendre la joue gauche quand on vient de vous frapper la droite ! Je ne suis pas le Christ, alors merde ! Que tous ceux qui m'ont fait du mal aillent se faire foutre ! Je vais leur en faire en retour ! Pas de vengeance, non ! Juste attendre le moment où la roue fatale de la vie va pour eux aussi tourner à l'envers ! Et là, sans même avoir le moindre geste à faire, je vais me rembourser de ces milliers de jours de bonheur qu'ils me doivent ! Juste en restant immobile, en ne levant pas le petit doigt pour inverser la rotation de leur roue de vie !

Oui je t'aime ! Que tu le veuilles ou non ! Oui je t'ai fait du mal, j'ai même trahi ta confiance parfois, mais tu m'en as fait aussi, tellement, tellement ! Combien de fois pour toi j'aurais pleuré, sans même que tu le saches, tremblé, crié de rage, cassé tout ce qui m'entourait ? Combien de fois j'aurais attendu tes gestes d'amour, tes mots qui ne venaient plus ? Combien de nuit blanches je te dois ! Et combien, combien de rages, de colères, de coups de gueule et de corps j'aurais du subir ! Mais tu vois, rien y a fait, je t'aime ! Chaque fois où j'ai voulu partir je l'ai voulu pour toi, pour te protéger, pour te sauver malgré toi, et je suis revenu, ou resté ! Chaque fois où toi tu as voulu partir, je t'ai retenue, aimée plus encore ! Chaque fois où tu as pleuré, j'ai pleuré en dedans, j'ai eu mal ! Alors non, non ! Je ne baisserai pas les bras !

Tu vas devenir ma haine ! Ma lutte ! Ma déchéance ! Peu importe en fait ! Tu vas devenir moi puisque tu ne veux plus être à moi ! Je vais te faire vivre en moi ! Et que pas une autre femme ne m'approche, si elle ne veut pas payer pour ce mal que j'ai de toi ! Pas une autre ne t'arrive à la cheville ! Et toi, tu es là, tu ne vois même pas la déesse que je fais de toi ! J'ai tout tenté pour te prouver mon amour ! Je t'ai toujours protégée des maux qui nous frappaient ! J'ai même à une époque tenté de te faire croire que je pourrais être heureux sans toi ! Même laissé une autre femme m'approcher, tu le sais, et me dire je t'aime, et je l'ai repoussée car elle n'aurait pas réussi à te ramener et moi je n'aurais fait que t'aimer à travers elle ! Je voulais te voir enfin jalouse, enfin me montrer à quel point tu m'aimes ! Et rien y a fait ! Tu m'encourageais même à être heureux ailleurs, tu souhaitais mon bonheur, tu espérais pour moi qu'une autre me donne ce bonheur ! Tu ne comprendras donc jamais que tu es mon bonheur ? Que je ne peux pas être heureux sans toi, malgré tout le mal que l'on s'est déjà fait ?

Alors ma haine m'aide ce soir ! Elle m'aide à supporter ton absence, a supporter les visions que je me fais de ta vie dans ses bras ! Elle m'aide aussi à te crier plus fort que jamais : JE T'AIME ! Et ce soir c'est moi qui vais mener le bal ! Ce soir je vais dire « je veux ! ». Je veux t'épouser ! Je te veux mère ! Fais moi cet enfant, fais moi cette petite Lou, ce petit Mathys ! Fais demi-tour, mon amour ! Et je jure, là, devant tous les Dieux que tu voudras, que nous oublierons notre passé ! Je jure de consacrer ma vie à te rendre heureuse, à souffrir tous les martyres si je le dois, juste pour un de tes rires ! Et je te le dis encore : j'accepterais 100 ans de souffrance pour que tu vives une minute de joie !

Je t'aime ! Fais demi-tour ! Ne me laisse pas seul avec cette haine !
Fais demi-tour mon amour...

Pourquoi je t'aime...

Posté le 11.06.2006 par Stephane
J[FONT=Courier][COLOR=blue][SIZE=7]
Je n'ai pas à dire qui tu es, qui je suis. Nous sommes... pourquoi chercher plus loin ? Tu es femme. De ces femmes qu'on voit, qu'on regarde, et qu'on aime. Pourquoi ? Peut importe. On t'aime. Je t'aime. Mais j'aime quoi de toi ?

J'aime tout ce que tu es, ce que tu n'es pas. Tout ces mots que tu me dis, et plus encore les autres, ceux que tu ne me dis pas. Il m'en aura fallu du temps pour comprendre combien je t'aimais. Bien sûr toi aussi tu es coupable ! Tu ne me disais rien, ou tu disais trop !

Et moi, moi qui attendais juste que tu parles, que tu te taises ! Moi qui avais peur et toi qui avais peur de ma peur...

J'aime tout ce que tu es, ce que tu n'es pas. J'aime t'aimer, j'aime que tu m'aimes.

J'aimerai quand tu ne m'aimeras plus, j'aime déjà quand tu ne m'aimes plus. Je peux ainsi pleurer, me battre, enfin te prouver que je t'aime.

J'aime même que tu en aimes un autre. Tu me prouves que tu sais aimer. J'aime, j'aime... j'aime que tu me haïsses, pour que je te haïsse en retour. Parce-que pour te haïr je dois d'abord te connaître, t'aimer... et te désaimer. Puis apprendre à t'aimer à nouveau, pour ne plus te haïr.

J'aime que tu sois douce et caressante, j'aime quand tu ne l'es pas. Je vais même jusqu'à aimer que tu en caresses un autre, pour réver que je reçois ces caresses. J'aime quand tu ne me fais pas l'amour. Parce-que mon désir reste ainsi neuf, intact. Mais que j'aimerais que tu me fasses l'amour !

J'aime le mal que tu me feras, que tu m'as fait, que je t'ai fait. J'aime avoir mal pour toi, par toi. J'aime que tu aies mal. Pour te consoler, te dire que je t'aime. Et pour que tu m'aimes. Parce-que tu m'aimes quand je te console, je t'aime quand tu me consoles.

J'aime quand tu ris... j'aime ta bouche qui me sourit. J'aime tes lèvres qui s'ouvrent à ma vie... oui j'aime ta bouche, quand elle dit ces mots que je veux que tu taises, quand elle tait ces autres mots que je veux l'entendre crier. J'aime ce que tu es...

J'aime tes yeux... Quand ils me regardent, quand ils me fuient, quand ils me parlent. J'aime tes yeux quand je m'y perds, quand c'est moi qui les fuit. Quand ils sourient, quand ils sont gris, quand ils se noient dans mes pluies, celles que j'y fait tomber quand je te quitte. J'aime tes yeux parce-qu'ils parlent quand ta bouche se tait. J'aime les chercher, les trouver, les perdre.

J'aime ton bonheur. Ce bonheur que tu me donnes, me reprends. J'aime ton bonheur parce-qu'il m'oblige à être heureux, pour te rejoindre, te trouver.

J'aime quand tu pleures. Parce-qu'alors je dois sécher mes larmes, être fort, t'aimer pour te rendre ton rire, ton sourire.

J'aime tout ce que tu es, ce que tu n'es pas. J'aime quand tu n'es plus là. J'aime quand tu pars. J'aimerai quand tu reviendras. J'aime quand tu t'éloignes pour m'obliger à me rapprocher, j'aime quand tu t'approches pour me forcer à m'éloigner...

J'aime, j'aime... j'aime tout de toi. Ta voix, tes cris, tes silences, tes vengeances, ton téléphone qui ne m'appelle pas, ta voix sur répondeur quand tu ne décroches pas.

J'aime, j'aime... j'aime ceux qui t'aiment, j'aime ceux que tu aimes.

J'aime quand tu m'aimes, j'aime quand je t'aime...

Mais par dessus tout j'aime... quand tu me dis je t'aime...


Les enfants de rosée

Posté le 11.06.2006 par Stephane
J[FONT=Courier][COLOR=blue][SIZE=7]
La roulotte est là depuis hier... Oui une roulotte. Tous les gitans, tous les nomades ont aujourd'hui une caravane rutilante, mais pas eux... Eux sont restés à la roulotte. Les deux chevaux gris sont là aussi, comme sortis d'un rève, d'un conte.

Il y a la fumée acre, qui monte droit vers le ciel, la fumée du feu de bois mouillé... Le jour se lève à peine. Tout alentour est encore engourdi, plein de la nuit qui s'achève. Un vieux gitan, assis dans l'herbe, lance dans le jour naissant des éclairs de lumière : la lame agile du couteau taillant une branche, pour en faire on ne sait quoi... Qu'elle importance. Le tableau est beau, magnifique, resplendissant de vie.

C'est alors que je les vois, moi le marcheur matinal. Je suis passé ici par hasard, chassant en pas les brumes de mon insomnie. Et je les vois...

Deux papillons, qui virevoltent.

La plus petite à quoi ? 3, 4 ans à peine... Elle court avec une telle légereté qu'elle ne semble même pas toucher le sol. Son teint mat tranche avec le blanc du vêtement qui l'habille. Sorte de chemise longue, de ces chemises de nuit que portaient les enfants d'un autre siècle. Elle doit s'appeler Angele, ou Lina, à moins que ce ne soit Esméralda...

Elle s'arrête, repart... Les pieds que l'on devine nus, bien que cachés par les herbes folles, portent le petit corps dans les nuages des poussières des graminées qu'elle dérange... Elle va, vole, petit ange.

Un rire comme le chant d'une cascade... c'est son frere, son cousin sans doute... il la rejoint dans sa course. Visage mat aussi, fendu du rire que j'entends chanter. Un rire aux dents éclatantes, un rire enchanteur... Petit gitan poursuit sa soeur...

Un premier, puis un deuxième papillon, vrais ceux là, décollent. Lourds de rosée, lourds de sommeil. Ce sommeil après lequel je cours sans jamais le rattrappé, et qui ce matin m'a conduit ici, au bord d'une route, d'un chemin forestier.

La lame du père a fini son travail. La branche est taillée. Je le vois vers le feu s'avancer... Il secoue ce qu'il y a de braises à réveiller, puis lentement se rassied, la branche posée à ses côtés. A quoi servira t-elle ? A rien sans doute... Le vieux gitan pour se distraire seulement l'a taillée. Il passe sa main sur son visage rongé de barbe brune... Je ne l'entends pas mais devine le crissement des poils reches et durs...

Je le quitte un instant du regard... Là bas, loin dans le champs, la cascade a encore chanter... A son chant se mèle un autre, cristalin, leger comme les sons du clavecin... Esméralda rit, vole toujours, pieds nus dans les herbes qui s'animent à son pas léger. Un lapin s'ébroue sans doute en la regardant passer, un faisan majestueux se prépare à s'envoler... la chouette rentre au clocher accomplir sa diurne reposée...

Et moi ?

Je reste là, immobile, et me repais du tableau que le matin m'a déssiné.

Ce matin j'ai vu les enfants de rosée.


5 août 1977... 12h06... il y a 30 ans

Posté le 11.06.2006 par Stephane
J[FONT=Courier][COLOR=blue][SIZE=7]
Un jour comme les autres, ni plus beau, ni plus moche... Un jour où partout la vie menait grand train, ignorante du drame qui se jouait là, dans ce petit village, dans la misère et la décrépitude de cet ancien prebytère... Un jour où les enfants se sont levès, insouciants, tranquilles, rèvant des jeux de la journée, projetant des activités pour la fin de l'été. Un jour de vacances scolaires... un jour pour les enfants.. tous les enfants sauf une...

5 août 1977. La nuit a été longue, entrecoupée des allers et retour incessants du père, puis de la mère au chevet de l'enfant qui déraille, perd sa route, son fil de vie. L'enfant qui souffre, qui hurle... Le père qui a promis toute la nuit, tout et n'importe quoi... ce cheval qu'elle rève de voir galoper dans la cour... Ce cheval qui ne devait jamais galoper que dans sa tête. J'y pense chaque fois que je regarde courir un des ces animaux magnifiques. Il pourrait être le sien, Ourasi du plaisir de l'enfant qui mourait....

5 août 1977... Comme prématurément éveillés par un préssentiment, une perception de la fatalité qui se prépare, nous nous sommes tous levés tôt, malgré l'été, malgré les vacances. Moi la la tête encore pleine des cris de l'enfant cette nuit... "Papa, tues moi, j'ai mal papa, tues moi"... Je comprends, je sais ce qui arrive, du haut de mes 9 ans à peine... L'enfant va partir, la soeur me quitte...

L'infirmier est passé le premier, sur les 8 heures. Pour les soins quotidiens, pour les pansements. Je n'ai plus le droit d'entrer dans la chambre depuis plusieurs jours au moment de ces soins. Le cancer, la bête, à manger tout le dos de ma petite soeur... trop horrible à voir, pas pour les enfants dit maman... pourtant ma soeur est une enfant... 6 ans et demi...

L'infirmier s'attarde... l'enfant ne crie plus... à peine un gémissement étouffé, quand on la retourne sur le lit qu'elle ne défait plus, incapable du moindre mouvement, du moindre geste. L'infirmier, puis ma mère sortent de la chambre... maman, ton visage... froid, fermé... plus une seule lueur dans ton regard... Un noir implacable... tu entres dans le deuil.

Tout le monde se regarde. Un long, très long silence... "Il faut appeler le Docteur... qu'il la voit"... C'est l'infirmier qui parle, ou l'ami même... depuis des mois il entre trois fois par jour dans cette chambre, il touche, soigne, accompagne l'enfant. Ses yeux à lui sont tristes, humides même... Lui mieux que personne sait, homme de médecine, que c'est là fin de la pièce, de la grande comédie...

Il faut appeler le docteur... Et le silence est revenu... Le père a quitté la maison... parti téléphoner chez la voisine. Téléphoner au docteur, à la famille...

Ce silence... partout autour le village bruisse de mille cris, de rires, de chants et là, au milieu, niché tout contre l'église, le presbytère est plongé dans le silence, lourd, pesant...

L'infirmier est reparti dans la chambre... j'entends l'enfant parler doucement... voix rauque, lointaine, mais reposée...

Aujourd'hui je n'admire pas le beau et rutilant "camion" du docteur qui entre dans la cour, en faisant crier ses pneus sur le gravier gris sale... je ne ris pas du pas lourd dans l'escalier, un pas pressé ce matin...

Le docteur lui ne ferme pas la porte de la chambre... L'enfant est là, droite, figée sous la couverture... des yeux elle balaie la pièce... ses yeux qui s'attardent sur le mur face à son lit... Qu'y voit-elle ?

Auscultation longue, minutieuse... sans lui faire mal... puis piquure... morphine... des doses à tuer le cheval qui court dans la tête de l'enfant... Elle n'appelle plus la mort, elle l'attend....

Quelques heures, dit le médecin.... Inconsciemment je remercie le ciel qu'il les fasse courtes ces heures... que petite soeur ne crie plus, qu'elle n'est plus mal....

Grand-mère, enfin mémé, la maman de maman, est arrivée... le pépé a aussi été prévenu.... Papa entre et sort sans cesse de la chambre... Il repart téléphoner, à sa mère à lui... elle c'est Mamy Albertine, la pas gentille... elle n'aime que l'enfant, alors il faut bien la prévenir que l'enfant part....

5 août 1977... 10 heures, puis onze heures... Le souffle de l'enfant se fait plus court, plus rare... elle ne parle plus du tout... ses yeux restent posés sur le mur, ses mains à plat sur la couverture... Le visage plus blanc que son drap...

Le père est a genoux près du lit... Il pleure... Papa pleure ! Je ne l'avais jamais vu pleurer... La mère le secoue brutalement ! Pas devant elle ! Sors de la chambre si tu craques ! Le père ne bouge pas... c'est lui qui maintenant parle à l'enfant... "Ne pars pas, nous laisse pas...". Quelle drôle de voix il a Papa...

12 heures... Aux milieu des sanglots du père, j'entends des bruits bizarres... une sorte de ronflement, de râle... et la voix de la mère... "Non Sandra, pas encore, Mamy arrive, tiens bon, tiens bon !!!".... Je suis dans l'entrée de la chambre... Sandra ne dit rien, ses yeux semblent voilés... Dehors j'entends crier les graviers... La GS du tonton qui s'immobilise avec fracas devant la porte...

On devine plus qu'on ne les entend les pas de Mamy dans l'escalier... Il faut faire vite, l'enfant part...

Au clocher l'angelus commence son chant... Mamy n'a pas une larme sur le visage... elle s'approche vite du lit, dépose un baiser sur le front de l'enfant... Les yeux chavirent... Le drôle de bruit, le râle, résonne encore... une fois... deux fois... puis le silence...

Je vois la main de mamy glisser sur le visage de Sandra... du bout des doigts elle ferme les yeux toujours rivés sur le mur, fixes, désepérément fixes...

Un murmure plus qu'une voix..."c'est fini"...

L'angélus sonne ses dernières notes...

12 h 06... 5 août 1977... l'enfant n'est plus...

Dernier regard sur le visage pâle, aux yeux à jamais fermés... puis la mère aidée de mamy remonte le drap... l'enfant n'est plus qu'une forme blanche maintenant...

Je ferme les yeux sur cette image... je la grave et l'enregistre à vie...

Dans la cuisine, je prends une verre d'eau... et inconsciemment, comme lorsque je suis puni, je me dirige dans l'angle que forment le mur et le frigidaire... Je me mets "au coin"... Je me recroqueville, la tête appuyée au métal froid du "frigo"... J'entends qu'on referme la porte de la chambre de l'enfant...

5 août 1977... 12 h 06... Il y a trente ans...

Petite soeur, toi l'enfant... trente ans que tu me manques... trente ans que je t'attends...

Bientôt, bientôt nous allons nous revoir...

Et nous allons tout reprendre là où nous l'avons laissé... nous allons joué aux petites voitures, tu te souviens, tu adorais...

Ce matin le facteur est passé... il a apporté un colis... une petite voiture, une réplique de la voiture postale justement... C'est un tonton qui te l'envoie d'Iran, Sandra....

Tu ne l'as pas encore vue cette voiture... elle est tellement belle... emballée dans son carton, avec tes livres, tes jouets, tes dessins... elle attend, elle aussi.... depuis 30 ans...

La petite voiture de la poste est arrivée le 5 août 1977, peu après 12 h 06... trop tard pour l'enfant...

Ni Sau Cu, ni Carpe Diem, ni meme Idem

Posté le 11.06.2006 par Stephane
J[FONT=Courier][COLOR=blue][SIZE=7]
Non nous ne sommes ni l'un ni l'autre... Ni sau cu, le contentement, ni carpe diem, l'instant présent, ni idem, je t'aime à la mode Ghost....

Le contentement nous l'ignorons, tout en le cherchant. On dit d'un tel qu'il n'est jamais content, d'un autre qu'il se contente de peu, mais personne ne vit le contentement. Le vrai contentement, simple, accessible, la pure joie d'être...

Nous ne sommes jamais « contentés ». Parce-que nous vivons dans le passé, tout en prévoyant le futur. Nous ne sommes jamais « instant présent », jamais carpe diem... Ou si nous le sommes, on nous traite de fous, on nous ramène à la réalité.
« Hé reviens, tu rèves, tu planes... ».
Non je ne rêve pas, je ne plane pas. J'essaie de vivre.

Je suis ce débile qui s'extasie encore de la fleur qui s'ouvre, je savoure cette eclosion de pétales... J'écoute le vent dans les branches, le chant de l'oiseau que je devine être un geai, le bruit du ru qui grignote le fossé, derrière chez moi... Et pendant ce temps, là, à quelques mètres à peine, vos moteurs rugissants, montés sur pneumatiques, érodent inlassablement le goudron de la route sale. Vos fumées nauséabondes fabriquent de faux nuages, au coeur même de mon doux nuage, et vos usines se vident, en riant jaune, ou vert, par la gueule de leurs « assainissements » fétides, dans le petit ru, derrière chez moi... Comment voulez vous que je sois sau cu, carpe diem ?

Je suis de cette race de nostalgiques, qui egrennent en soupirs des souvenirs sans avenir... je suis de ceux qui pleurent, s'extasient lorsque l'enfant paraît. La mère qui souffre et que cette souffrance rend belle, la mère mon amour. La mère qui se déchire le ventre, pour en faire jaillir la vie. La mère qui vide son âme pour une âme... le sang qui coule pour enfanter le sang, son sang...
Oui je m'extasie encore de ça, et là, là je suis sau cu, carpe diem, et je la regarde avec des yeux qui lui disent idem... mais on me rappelle à l'ordre ! Il faut déjà quitter l'instant présent. Penser à plus tard, à demain, à tout à l'heure. L'enfant réclamme, appelle. Vous avez prévu la crèche quand sa mère reprendra le travail ? Qui le gardera le soir après l'école ? Et ce prénom que vous avez choisi, qu'il est laid ! Il aurait dû s'appeler comme son grand-père ! Tous les garçons de la famille portent le prénom de René... Aie, aie, aie... taisez-vous ! Vous me projetez déjà dans le futur, voulez me ramener au passé... Et lui petit bout sur le ventre de sa mère, cherchant juste le sein, lui... Lui il est carpe diem... Il tête... Il est sau cu... Moi je ne peux déjà plus l'être... vous m'avez mis l'inquiètude au ventre, pour lui, pour elle, pour nous... je les regarde, je veux leur crier « Idem », mais vos voix étranglent la mienne... Je sors doucement de la chambre... Je reviendrais ce soir, en silence, reprendre un peu de carpe diem, en le regardant dormir. Avant, je serais passé cueillir la fleur que j'ai vu éclore ce matin, pour l'offrir à la mère, la fleur de mon sau cu, la mere de mon idem... Oui je sors de la chambre, en jetant un dernier regard sur le sang, là, sur le drap... J'étais si bien, si sau cu... Pourquoi me dérangez-vous ?
Toujours le passé, toujours le futur... et que faisons-nous du présent ? Que faisons-nous de l'amour, quand disons-nous vraiment idem ?

Je disserte, comme tant d'autres, sur l'amour... J'ai pleuré en regardant Ghost... Sensiblerie oui, sans doute... mais aussi et surtout cette envie de crier mais oui ! tout est là ! L'amour c'est ça... idem. L'amour fou que l'on ne peut vivre sans être carpe diem, l'amour qui offre le sau cu... L'amour au delà de la mort, aux delà des morts. La voix d'amour qui passe par une autre voie, une autre voix... Je dis tellement je t'aime, pas assez je t'aime... Vous le dites trop, vous ne le direz jamais assez... Regardez là qui vous sourit... pourquoi ne lui dites vous pas idem ?... Et l'enfant qui a grandi, qui joue, tombe, pleure... dites-lui idem... Et à toi, toi qui m'accompagne, qui est mon carpe diem, mon sau cu, dis, apprends moi à toujours te dire idem, idem, idem... Et encore le réveil ! L'amoureux transi doit se réveiller, doit se bouger. Ne restes pas là à la contempler, on ne vit pas d'amour et d'eau fraiche ! Vous me réveillez toujours... toujours. Comment voulez-vous que je sois idem ?...

Et plus tard, plus tard... L'enfant n'est pas encore grand mais c'est pour maintenant... C'est lui qui veille sur vous, pour vous, à présent, sur votre idem... Vous étendu là sur un lit... vous qui partez. Moi qui pars... Et je vous entends, parler doucement... Qu'il parte vite, qu'il ne souffre pas... il est si jeune, la vie est cruelle... Que vont devenir ses enfants, vous vous rendez-compte, trois petits... Même au moment du grand départ vous ne savez pas... vous n'osez pas. Vous n'osez pas savourer chacun des derniers souffles que je vous offre, vous n'osez pas vous réjouir de la fin du cauchemard, vous n'osez pas... Vous ne vivez pas mon carpe diem, mon sau cu, mon contentement.

Vous oubliez même de me dire idem...

Nous ne sommes ni sau cu, ni carpe diem... si seulement, si seulement on se disait plus souvent...
Idem... idem pour se dire je t'aime...

Paroles d'un fou

Posté le 11.06.2006 par Stephane
J[FONT=Courier][COLOR=blue][SIZE=7]
Le jour se lève... Et moi... moi je ferme les yeux... pas envie de voir ma misere.
Quoi ? Vous riez ? Vous ne savez rien... ou si peu. Oh non, de vous accuser de ne rien savoir ne vex pas dire que j'ai tout compris ! Mais plus que vous n'en comprendrez jamais.
Je sais... vous lisez ces quelques mots... vous vous dites ce sont ceux d'un fou... Et alors ? Je n'ai pas la prétention d'être un auteur... Faut-il s'appeler Hugo pour écrire ? Rimbaud fait pleurer dans les chaumières, moi ce sont vos chaumières qui me font pleurer.. Oui, je pleure aussi ! oui... tous les défauts, toutes les tares... mais je suis mort, alors pas d' inquiétude. Faudrait pas qu'en plus je vous dérange avec ma folie.
Si être fou m'éloigne de vous j'aime être fou. Je ne suis pas de votre monde. Je n'ai pas les pieds sur votre terre. Regardez vous !j'exècre vos bonheurs qui sont mes chimères, je déteste vos klaxons qui sont vos rires ! je vous laisse a vos dollars, ils ne pourriront pas ma tete. Vous croyez vivre avec vos moteurs qui rugissent quand je rugis de ne pas vouloir rester dans votre vie... ouvrez les coeurs et baissez les yeux ! Que la honte qui vous ronge alors soit mon réconfort ! non je ne vous en veux pas mais je ne vous suis pas... Restez ici, sur terre, je vous quitte sans regret ! un seul remord : celui un jour de vous avoir croisé...
Voyez, lisez les divagations du fou ! Mais le fou a cette étincelle que jamais vous n'aurez... lui sait qu'il est fou, vous l'êtes et vous l'ignorez ! Vous devriez vous instruire, vous repaître de la lucidité du fou...
Vous me jugez, allez-y ! C'est votre sommeil qui demain sera perturbé, parce-qu'on ne juge jamais impunément... Pour moi le bûcher ? Pour moi les flammes de l'enfer ? Ces flammes me seront tellement douces, comparées à ce que vous m'avez fait endurer... Que vous-avais-je fait ? N'étais-je pas bien né ?
Oui je parle au passé... c'est ma défense, mon dérivatif... Si l'homme que je raconte vivait encore, je ne le raconterais pas. Le fou seul vit encore... Ce n'est plus moi qui vous parle, ni l'homme que vous auriez du deviner... vous avez tué cet homme... il vous reste le fou ! Tuez le aussi, mais ne l'enterrez pas. Pas de cadeau ! Pas de trou. Brûlez moi ! Par pitié brûlez moi ! Au moins la fumée, elle, est libre ! Laissez moi partir comme ça... en fumée... Je me sentirai si bien alors... Au moment de vous quitter je me sens comme Lui, le fils... lui qui a crié à son père, dont le courroux voulait détruire le monde : « Pardonne leur, ils ne savent pas ce qu'ils font ! ... »...
J'oubliais... pas de fleurs, pas de couronnes, pas de discours... Vous diriez quoi que je ne sais déjà? Les mots que j'ai envie d'entendre ne se prononcent pas. Même moi le fou je n'ose les dire. Ils m'ont tellement brisé la voix ces mots... ils m'ont tellement étranglé... Quand ?... Riez, mais riez donc, incultes de la vraie vie... Si vous saviez, si seulement vous pouviez, vous vouliez savoir... Un tiers de mes souffrances, un tiers de mon passé vous tueraient...
J'ai vu ma mere fermer son coeur, en fermant les yeux de ma soeur... j'ai vu partir l'enfant, son sang, le mien, dans un trou béant, j'ai souffert avec elle sans jamais lui dire. Je riais quand elle pleurait, pleurais quand elle riait ... qui de nous deux trichait le plus ?
Fallait - il se parler ? Fallait - il se tuer ? Non... il fallait continuer, avancer. Parce qu'un ange n'avait fait que passer, n'avait eu le temps de rien réaliser. A nous revenait de vivre sa vie. Maman, un jour tu verras, nous dirons c'est fini, on a réussi... Réussi à la faire vivre comme elle aurait du vivre...
Mais arrêtez de rire !! Je n'en peux plus de vous entendre rire ! Ecoutez, écoutez avec moi ces cris... Oui ce sont les siens...
Mauvais film... Elle a six ans ! Six ans... Elle vous supplie comme il y a 30 ans elle suppliait mon père :  « Tues moi ! Papa tues moi ! ».
Et vous voulez que je comprenne, que je résiste ? Quel est ce monde où l'enfant à peine arrivé hurle pour partir ? Où l'enfant mieux que l'adulte saisi des horreurs que seul l'Homme a su inventer, parce qu'aucun dieu n'aurait eu la violence suffisante pour les imaginer, même si c'est bien de dieux que souvent vous vous réclammez pour les créer, ces horreurs...
Levez les yeux de ces lignes que je vous jette en pâture ! Osez soutenir mon regard ! Rien qu'une fois ! Vous voyez ? Vous la lisez cette douleur ? Eh bien riez-en ! Cette fois c'est moi qui vous ordonne de rire ! Riez de cette douleur ! Elle n'est qu'un pâle reflet de celle qui m' habite ! Quoi, vous ne riez plus? Mais vous tremblez ?! Vous avez peur ?! de quoi ? Je suis fou... alors pas de peur ! Votre regard me fuit... c'est étrange. Vous-aurais-je touché ?
Oui... je vous ai touché. Le fou a mal. Et vous, il vous reste ce fond d'humanité qui vous fait vous sentir Et vous, il vous reste ce fond d'humanité qui vous fait vous sentir mal devant ce mal. Allons ressaisissez vous ! Ce ne sont que des mots, des mots pour des maux. Je vous disculpe, vous déshabille de vos erreurs.. vous ne saviez pas... vous ne pouviez pas savoir... On vous a éduqués, conditionnés. Las, vous vous êtes aussi laissé faire ! Pour cela je vous insulte ! Oui, je vous insulte ! Que je vous crache au visage au moins une fois, laissez-moi ce plaisir... Car si les erreurs sont pardonnables, de s'y complaire ne l'est pas!
Idiots que vous êtes ! Vous satisfaisez-vous donc tellement dans cette fange ? Aimez-vous donc tellement la pourriture pour ainsi vous en repaître ? Comment faites-vous pour ne pas plonger dans ma folie ?!
Regardez, mais regardez ! Il y a cette gosse qui cours devant les chars... Il y a cette femme au regard perdu dans un néant où elle seule devine des images... ou cette autre devenue votre jouet au fond d'une cave... sont corps vous a fait jouir... vous l'avez tuée... vous avez baisé avec la mort... non pas vous, je sais... mais vous laissez faire ! Voyeurs de l'extrême !
Comment ?! Vous osez penser que je vous culpabilise ? J'en ri ! Le fou ne culpabilise pas, il responsabilise ! Oui encore et encore je le redis : je vous insulte ! Vous faites des dieux de simples carrés de papier sans odeur ! Et ces carrés de papier font les chars devant lesquels court la fillette nue ! Ces carrés de papiers font les hommes qui font tourner un corps mort et s'en délectent ! Violeurs eux, voyeurs vous !
Ma soeur, ma soeur... que je t'envie de n'avoir pas connu ce monde où tu aurais tant souffert, où aujourd'hui on jette un homme par la portière d'un train lancé à vive allure, juste parce-qu'il s'appelle Abdel, ou Mourad... Abdel est mort... ce n'est pas le plus grave... le plus grave est bien que vous viviez encore, vous qui êtes restés assis, pendant que la faucheuse le prenait, déguisée sous les traits de crânes rasés rigolards et franchouillards... Et je repense à Lui...
Eli, Eli, lama subactani...
J'entends murmurer vos pensées... Il vomit sa haine d'une société qui l'a rejeté vous dites-vous... Non... vous vous méprenez... je ne peux même pas vomir... ce que j'ai avalé ne veut plus remonter... je ne veux pas une deuxième fois m'empoisonner la gorge. Je suis juste lucide...
Ah mais voilà qu'à nouveau vous riez ? Le fou lucide ? C'est là le paradoxe qui vous fait rire ? Je vous l'ai dit pourtant, nourissez-vous de la lucidité du fou !

Je vais mettre de la musique... adoucir ce que je vous crache au visage...
Je ferme encore les yeux... Les paupieres me font mal de trop les serrer pour ne plus voir... voir... il me reste cette force... choisir de voir ou non...

Ecoutez monter les sons...
Un violon pleure...
Le fou pleure... le fou devient violon... écoutez comme on torture mes cordes... écoutez les hurler... Eli, Eli, lama subactani...
Je ne suis déjà plus là... je vous laisse le violon... jouez, jouez encore... pincez mes cordes... griffez-les de vos archers fieleux.. je suis loin... mais je chante sous vos doigts de tortionnaires... que mon chant vous accompagne... que ma mort vous soit douce, musique à vos oreilles... oubliez que j'ai existé, mais jamais, par pitié jamais vous ne devez oublier d'être fous, pour enfin être lucide...

Ode à la gitane

Posté le 11.06.2006 par Stephane
J[FONT=Courier][COLOR=blue][SIZE=7]
J'en ai usé des pages,
A les griffer d'encre bleue,
J'en ai vu des mirages,
A te dévorer des yeux...
Je t'appelais Gitane,
Et sur mes mains tes cheveux,
Faisaient milles cabanes,
A mes doigts amoureux...

Puis pages après pages,
L'encre a perdu son bleu,
A trop voir des mirages,
Je me suis brulé les yeux...
Tu es partie Gitane,
Sortie ma main de tes cheveux,
Brisées toutes les cabanes,
Sur mes doigts malheureux...

Ça me fait mal quand j'y pense...
Ça me fait mal...

J'en ai brisé des crayons,
A leur faire porter mes peurs,
A déssiner toutes ces chansons,
Que je t'écrivais par coeur...
J'en ai laché des soupirs,
En écoutant parler tes yeux,
J'en ai fait des reves d'avenir,
Où nous étions toujours deux...

Puis t'as volé tous mes crayons,
Tu m'as rendu toutes mes peurs,
Tu n'écoutes plus mes chansons,
T'as même refusé mon coeur...
Aujourd'hui que de soupirs,
A toujours chercher tes yeux,
Plus de rèves d'avenir,
Nous ne serons jamais deux...

Ça me fait mal quand j'y pense...
Ça me fait mal...

J'avais jeté mes habitudes,
Je réapprenais à rire,
Abandonné ma solitude,
Tu me batissais un empire...
Je regardais voler Gitane,
Tes cheveux dans le vent,
Je devenais sarbacane,
Soufflant mes je t'aime à ce vent...

Aujourd'hui j'ai l'habitude,
Aujourdhui j'étrangle mon rire,
Salut, te revoilà solitude,
Dis, qu'as-tu fait de mon empire ?
Tu t'es, légère, envolée Gitane,
Adieu tes cheveux, reste le vent,
Je suis brisé, pauvre sarbacane,
Qui vais-je aimer maintenant ?

Ça me fait mal quand j'y pense...
Ça me fait mal...

Ensemble on choisissait,
Le prénom de l'enfant,
Ensemble on se mariait,
Nos amours duraient longtemps...
Du bout des doigts le trésor,
De ton corps je caressais,
A tes lèvres encore et encore,
De tes mots doux je m'ennivrais...

Ô reves, reves imparfait,
Je ne verrai pas naître l'enfant...
Au loin la mariée disparaît..
Reste les amours mortes maintenant...
Mes doigts cherchent en vain le trésor,
Du corps brulant qu'ils aimaient,
Et mes levres encore et encore,
Crient je ne te reverrai jamais...

Ça me fait mal quand j'y pense...
Ça me fait mal...

Comment combler l'absence,
Comment soigner le mal...
Tout est redevenu silence,
Triste, triste cathédrale...

Ça me fait mal...

Transcendance : Liberté ou aliénation ?

Posté le 11.06.2006 par Stephane
J[FONT=Courier][COLOR=blue][SIZE=7]
Il faut rappeler que la Transcendance est l'opposée de l'Immanence. L'immanence implique qu'il n'existe que notre monde, que sa réalité, et que tout procède de cette réalité. La transcendance implique elle l'existence de plusieurs mondes, ou entités, supérieures à la notre, qui peuvent agir sur nous, nous « voir », mais pas l'inverse.
En se référant à de nombreux articles, phylosiphiques, politiques, religieux, et à l'analyse de grands « penseurs », on en arrive infailliblement à cette question de liberté ou d'aliénation de l'être humain, que d'aucun donc appellent Transcendance, Absolu, ou Dieu.
Des « cultivés », « intelligents », et pas des moindres – Morin, Castoriadis – ont évacué toute notion de transcendance, notion qui pour eux priverait l'individu de toute possibilité de choix... Pour eux donc cette notion même de transcendance serait une aliénation. (nombreuses références à ce sujet).

Castoriadis écrit à peu près ceci dans « Domaines de l'homme » : « la possibilité même du choix et de la mise en question ne peut exister que dans les "cultures" ne se référant pas à une Transcendance, à un Absolu ; et donc : "L’idée (de transcendance) ne serait pas venue ni ne pourrait venir à l’esprit d’un croyant, qui n’a rien à choisir. Il a reçu une fois pour toutes la vérité et la Loi des mains de son Dieu et s’il se mettait à juger et à choisir à ce propos, il ne serait plus un croyant. Un véritable croyant n’a plus rien à juger et à choisir : il n’a qu’à croire et à aimer." Il n'a plus qu'à être immanentiste...

Revenons à cette notion d'  « Absolu » pour parler de transcendance. Alors, oui ou non, se réclammer d'un Absolu, d'une entité supérieure, implique-t-il une aliénation, une perte ou une absence de liberté ? Si oui, alors nous, humains fous, serions bien à plaindre... Mais la question doit cependant être posée : liberté ou aliénation ?
Il faut tenter d'y répondre : Transcendance (pas l'Absolu mais l'autre, notre lecteur commentateur) nous a demandé une réflexion sur cet Absolu, nous rappelant au passage les nietzschéennes pensées sur la Transcendance et nous invitant à les relire...

Nietzsche, puisque nous nous devions de parler de lui, protestait prophètiquement contre « la païenne volonté de puissance impuissante »... Il parlait de Transcendance comme projet à nier, mais projet selon lequel le monde occidental est impossible, selon lequel la « modernité » est innintelligible... et en allant plus loin, selon lequel Nietzsche lui même est impossible. Nietzsche est un pur produit de l'union judeo-chrétienne, qui explose littéralement de « transcendance ». Dans sa protestation, Nietzsche se détache, masqué et costumé, sur fond de masse dionysiaque. Acteur. Acteur historique. Acteur personnel. Surencombré de soi. Hyper individualisé. Super-Socrate. Proclamant au monde et à l’histoire son Devoir-être ! la nietzschéenne possibilité du surhomme !

Nous nous devons d'abord d'admettre qu'il nous est impossible de discuter ou d'argumenter de l'existence ou non de la Transcendance. Nous partirons donc du principe selon lequel elle existe ! Car en nier l'existence, à mon sens et à celui de « penseurs » au clan desquels je n'ai pas la prétention d'appartenir, reviendrait à dire qu'il n'existe pour l'homme que des choix somme toute relatifs, et deviendrait alors relatif le choix même de Castoriadis par exemple, plaidant pour une démocratie plutôt qu'une dictature ou un facisme. Il nous est bien plus confortable en effet d'adopter la pensée transcendantale, de penser que le choix de la démocratie face au facisme est universel, et non relatif. Nous admettons donc l'universalité de choix, nous adherons à la Transcendance.
Et en adoptant ce principe de transcendance existante, nous rejoignons alors Castoriadis dans une de ses pensées : il n'y a pas liberté mais universalité de choix dans toutes nos orientations politiques, géographiques, économiques, humaines. Cette universalité de choix et les orientations qu'elle implique ne fait pourtant pas de nous des « moutons », encore moins des anarchistes ou autres communistes...
Et si la Transcendance existe, pouvons nous la choisir, avons nous cette liberté ? Oui ! Car choisir la Transcendance ne nous oblige nullement à l'aimer ! Mais alors, après avoir exercé librement ce choix d'adhérer à la Transcendance, à l'absolu, allons-nous perdre notre liberté ? Il faut d'abord se reculer de la notion d'Absolu en tant que Dieu, entité supérieure et autre. Si la Transcendance est ramenée à cet état, elle est alors comme le dit Castoriadis (et donc tout un chacun refusant la transcendance en fait) une privation totale de liberté du choix. Nous ne sommes pas tous croyants. Ne nous situons donc pas dans cette position de croyants ! Et choisissons la Transcendance pour ce qu'elle ne se fond pas nécessairement dans le cadre de nos religions officielles. Je l'ai dit, la transcendance ne nous oblige nullement à l'aimer. Un dieu, Absolu, sans nous y obliger non plus, nous y invite lui tout de même fortement !!

Notre liberté ne s’arrête pas le jour où nous "acceptons" la Transcendance. Nous sommes toujours capables de résister. Notre liberté devient fortement limité quand nous choisissons un dieu. Nous choisissons la Transcendance sans qu'on nous y oblige ; nous le voulons, LIBREMENT, pas sans avoir quelquefois les deux pieds arc-boutés pour ne plus avancer, par lâcheté, renoncement passager, faiblesse, manque de courage... un reste de liberté de choix...

Alors pourquoi refuser l'Absolu, la Transcendance ? Devrions-nous par tous moyens convertir ceux qui s'y soustraient ? Non ! Toute conversion forcée, à quelque Absolu que ce soit, est néfaste pour l'humanité, et ne peut mener qu'à ces horreurs dont sont remplis les musées. La Transcendance conduisant à l'universalité du choix ne doit pas conduire en plus à son uniformatisation et à sa systématisation. Et comme toute « vérité existante », elle ne peut trouver sa force justement que dans ceux qui la réfutent, la rejetent. L'exception confirmant la règle, la règle générant l'exception... Je réfute quant à moi l'idée selon laquelle, par exemple, en se référant à la Transcendance, un « chrétien » n'aurait plus rien à choisir. Si j'accepte le choix « universel », je refuse pardoxalement et totalement son unification forcée et toute autre forme d'unité et de monde standardisé et synthétifié. Choix universel oui, mais liberté d'adhérer ou non à cette universalité. Nous avons voulu la Transcendance, acceptons en les conséquences. Mais ne les subissons pas. Et soyons réalistes ! Pas de conversion forcée à mettre en place: tout le monde, un jour ou l'autre (même moi, même notre cher lecteur « transcendance ») en arrive à vivre comme tout le monde... Nous finissons donc tous par opter pour la Transcendance, pour le choix universel, pour la démocratie, pour l'Amour... Et c'est bien parce que nous ratifions ces principes universels que nous restons libres. Nous adhérons lucidement, en connaissant buts, moyens et finalités...

Il n'y aurait donc pas d'issue, pas de réponse à la Transcendance, pas de liberté ou d'aliénation ?

Kant se donne lui pour objet de fonder une philosophie transcendantale, dirigée non pas tant sur la réalité, que sur les structures des représentations que nous nous en faisons. Ces structures sont des formes a priori indépassables dans le cadre d'une théorie de la connaissance. Toute transcendance est alors le devenir d'une dialectique de la raison, une illusion qui vient du besoin de s'élever au-dessus du donné. En suivant Kant, la Transcendance est donc une totale liberté, puisqu'illusoire, ou résultante d'une illlusion. Rien n'est plus libre que l'illusion, plus personnelle, plus relative... On sort donc là du schéma de l'universel...
La Transcendance serait donc la liberté d'échapper à l'Immanence, la liberté de refuser le « donné », l'acquis... Il apparaît que le besoin de créer le concept métaphysique de « transcendance » soit né dans la pensée grecque en réponse aux difficultés qu’éprouvait alors la parole philosophique face au caractère perpétuellement changeant de la réalité du monde sensible. La Transcendance devenait une possibilité de dire le vrai. Cette notion apparaît déjà dans les écrits de Platon, ou d'Aristote même : une possibilité discursive de dire le vrai . Hegel lui (et Aristote en moindre mesure) parlait de Transcendance comme échappatoire aux termes maître/esclave issus de l'autorité immanentiste. Ainsi donc on en revient à la Transcendance Liberté.
Où se cache l'alienation ? Dans le concepte de béance ? Car la Transcendance peut être assimilée à une béance... cette vision (que réfutent Castoriadis ou Morin) d'universalité du choix conduit en effet à voir la Transcendance comme une adhésion béate à des préceptes – religieux ou non – édictés par des entités sinon supérieures, du moins inaccessibles...

Les immanentistes considèreront donc la transcendance comme une aliénation. Les adhérents de la transcendance la considèrerons comme une liberté... A son origine se trouve un désir, libre : dire la vérité sur le monde, le vrai, le bien et le mal... Mais nous devons aussi garder à l'esprit qu'il existe deux sortes de transcendances : une issue de l'histoire, très Platonicienne, et une autre, imaginaire. L'imaginaire ne manquant pas de se développer quand nous analysons la première... et l'imaginaire n'est-il pas la plus grande liberté de l'homme ?



Je concluerai en me posant cette question : si la transcendance etait tout simplement un point de vue pour envisager l'immanence, son opposée ? Bertrant écrit : « L'immanence occupe dans notre imaginaire théorique une place particulière. Elle représente le danger du désordre; elle est associée à la violence, au déchaînement de l'animalité. En effet, et singulièrement dans la pensée politique, il y a une phobie de l'immanence parce qu'elle est souvent représentée sous la figure de l'état de nature, celle de la guerre de tous contre tous... » N'y-a-t-il pas un danger à laisser l'être humain livré à lui-même; un risque de retour de la violence ou de retomber dans notre nature animale d'où la civilisation nous a arraché. C'est sur cette peur de l'homme, de la violence que les philosophies de la transcendance ont pu s'imposer et récuser toute pensée de l'immanence. En critiquant les institutions, les choix universels, la transcendance, sans rien proposer, on laisse libre cours aux passions, aux intérêts et aux émotions ; c'est ouvrir la voie au désordre, à la désorganisation sociale, à une forme d'anarchie ou de nihilisme dont le danger ultime est le retour de la société totalitaire : nazisme ou communisme ? J'adhere à cette vision de Bertrand...
Le précheur de l'immanence, négationniste de la transcendance, se prive du choix au nom duquel il revendique son refus : le choix d'observer en le combattant ou non, l'affrontement des forces d'un monde donné, acquis, qui ne laisse que ruines la bataille une fois appaisée... Le négationniste de la Transcendance refuse de croire que ces ruines soient un autre fruit que celui de l'idée d'Homme...
La Transcendance est la liberté du choix universel, la liberté de ratification des valeurs... En ce sens, importe t-il vraiment qu'elle nous conduise à admettre l'existence d'autres mondes, d'autres entités ? Puisque nous avons le choix d'y adhérer ou non, d'y résister ou non...

Je n'ai pas mauvaise conscience

Posté le 11.06.2006 par Stephane
J[FONT=Courier][COLOR=blue][SIZE=7]
Allez me voilà reparti dans un de ces putains de moments de déprime ! Déprime de merde ! Ouais j'utilise des « grots mots » moi aussi ! Moi aussi je peux être vulgaire ! Pas toujours le petit poête transi et lisse, qui pleure comme il pisse sur la femme infidele ! Faut regarder la vérité en face ! C'est quoi ce blog ? Un ramassis de torchons tous plus crades les uns que les autres, des écrits insipides, sans saveur, que je suis le seul à comprendre. Normal, c'est moi qui les ponds ces conneries, ces déblatérations stupides, ces je t'aime-ne me quitte pas, tu me manques-j'ai mal ! Conneries ! Inepties ! Ordures et déjections d'un cerveau ravagés, dévastés, boulversé ! Je suis devenu taré, complètement ! Je me prends pour quoi, pour qui ? Un écrivain maudit ? Un nouveau Baudelaire ? Un Rimbaud avorté ? Ecrivaillon pourri oui !!

J'écris ma vie comme je la vis ! Encore une idée de malade ! J'ose écrire, sur un espace ouvert au public, des horreurs pareilles ? Des phrases à faire s'ouvrir les veines au premier des plus dépressifs que moi qui va passer les lire ! Pourquoi ? Parce-que sans cette pute de douleur qui me bouffe, je suis incapable d'aligner trois mots cohérents ! Aucun talent, sinon celui de faire « chier » mon monde avec mes délires d'ado pré-pubère !

Et je pleure sur quoi ? Sur mon sort ! Pauvre petit homme triste ! Merdique ! Je suis là à chialer sur une nana qui me largue pour un autre parce-que je lui en ai trop fait voir ! Putain, réveil ! Le monde en est plein de nanas ! Y'a que ça ! Suffit d'ouvrir les yeux ! Et moi connard je chiale sur une, une sur des milliards ! Une qui m'a ouvert les yeux sur la réalité ! Sur ces promesses de gosses boutonneux, qu'on oserait même plus se faire à 12 ans ! Sur cet amour toujours, qu'on dit exister mais qui se terre, l'animal, juste pour m'emmerder ! Ouais, ouvert les yeux ! Voilà ce qu'elle m'a fait ! Ouvert les yeux sur la triste vie que je mène ! Mort de rire ! J'ose appeler ça une vie !!! C'est pas une vie ça ! Tout juste une survie ! Un embryon de survie même ! Désocialisé, vomissant sur la société en oubliant que j'en dépends, crachant ma haine d'un pouvoir auquel je dois bien me soumettre ! Putain, là je la vis la Transcendance ouais ! Je la veux même ! Me fondre dans « l'universalité de choix », m'en remettre à ces entités supérieures et invisibles ! Parce-qu'au fond, tout seul je ne suis rien ! Rien ! Et c'est sur ça que je pleure !

Divin prétexte de la déception, de la déchirure amoureuse ! Il me sert bien tiens ! Il m'excuse ! Bah ouais, facile ! J'ai une raison d'être faible ! Regardez tout le mal qu'on me fait ! Quel con ! Quel menteur ! La vérité est ailleurs oui ! Il me faut une excuse pour justifier que je pleure comme une vielle femme, comme une lamentine ! Il a bon dos l'amour dans tout ça ! Il me faut encore quelqu'un pour me tenir la main ! Tout est là !

37 piges ! Et quel bilan ! Rien de bon ! Si, mes gosses ! 37 piges à errer dans une vie que je porte comme un vêtement trop grand ! 37 piges et des souvenirs pourris qui m'empoisonnent, mais qu'en bon dépressif tourmenté que je suis, je n'arrive pas à jeter ! La misère de l'enfance ? Et alors ? Combien de mômes autour de moi continuent aujourd'hui à crever la dalle ? Combien comme moi se sont fait et se feront tabasser, rouer de coups ? Est-ce que je fais quelque chose contre ça ? Non ! Je le dénonce, mais je reste dans mon coin ! Et je pleure en disant « Papa m'a tapé ! » ou encore « quand j'étais môme, j'avais toujours faim ! ». Et je vais faire changer quoi comme ça ? Que dalle ! Ouais Transcendance, ça m'arrache les trippes de le dire mais t'as raison vieux : dans la vie deux choix possible, anticiper ou subir ! Moi je subis ! Je subis en brave couillon qui croit que crier « vous êtes tous pourris » va vous rendre beaux et reluisants ! Je subis en imbécile qui croit que pleurer en disant je t'aime suffit à faire changer le coeur d'une femme ! Je subis en parlant de mes morts aux présent, comme si ça allait me les ramener ! Je subis, encore et toujours !

Mais je vais adopter un autre principe, une autre technique ! La tienne, tiens, Transcendance ! Je vais AN TI CI PER !!! Et comment, putain !

Je vais devenir mordant, acide, perfide s'il le faut ! Oui je vais mordre ! Mettre mon poing dans la gueule de tous ces tordus du bulbes, qui se croient forts parce-qu'ils cognent à coups de ceinture sur des gosses terrorisés. Enculer profondément ces tarés qui se permettent de « faire tourner » une nana dans un parking souterrain, et qui osent même en bander ! Défoncer ces abrutis qui disent je t'aime à leur nana à coups de grandes baffes dans la figure ! Aller me déchirer à vider vos fosses à merde s'il faut, juste pour bouffer ! Oui bouffer ! Prendre les forces nécessaires pour avancer et tout casser ! Faire du fric, le jeter par les fenêtres, le claquer ! Montrer du doigts les autres « moi » qui restent là à se morfondre, et leur dire de se secouer ! Je vais changer ! Puisque c'est ce que vous voulez !

Devenir l'ennemi numéro un de ce grand con, qui laisse crever ma mère dans son fauteuil, dans sa merde de maladie qui l'emprisonne, incapable qu'elle est même, la pauvre, de se bouger pour ramasser sa croûte ! Devenir le cauchemard des bien-pensants qui économisent jusqu'à leur culottes en pensant à leur vieux jours, en grattant sou par sou, et qui laissent crever le clodo en bas de chez eux. Mettre mon pied au cul de tous ces rats, qui se pèteraient le dos pour ramasser une pièce de 5 cents dans un caniveau ! Devenir le macho qui fait mouiller les gonzesses, qui se branlent bien qu'on les aime ou non tant qu'on les protège, qu'on leur paie leur peinture à visage et leur masseur un peu PD, leur décapotable et leur jupes à se faire sauter ! Plus jamais dire je t'aime ! Plus jamais « sentimentaliser » ! Plus de faiblesse ! Plus de quartier !

J'en ai bavé, j'en ai chié ! Et ça m'a bousillé, fracassé ! Mais je ne suis pas mort non ! Toutes vos crasses ne m'ont pas encore fait crever ! Je suis une mauvaise herbe, ne l'oubliez pas ! Ça crève pas la mauvaise herbe ! Au mieux ça se flingue ! Mais même ça, ça pourrait encore vous faire planer ! Me voir mort pourrait vous exciter ! Et pire ! Oh oui pire ! Je suis persuadé que parmi vous, certains qui aujourd'hui me crachent à la gueule pourraient encore oser venir me pleurer ! Rien que ça me donne envie de gerber ! Vous comprenez pourquoi je veux qu'on me fasse cramer ? Pour éviter ça ! Eviter de sentir vos larmes acides mouiller ma caisse ! Eviter que vous puissez venir sur mon trou déposer des roses que vous choisiriez les plus épineuses possible ! Eviter de vous entendre renifler ! Eviter que vous puissiez venir me demander pardon, vous , toi, le frère infâme, la femme qui s'éloigne, le père violent, le violeur de gosse, et toi, toi qui m'a mis cette putain de douleur dans la peau, vissé ce pieu plein d'échardes dans le ventre, dans le coeur !

Ça y est, cette fois je la sens enfin monter cette putain de colère ! Je vais en faire les frais c'est sur mais que c'est bon ! Que c'est bon de vous engueulez, de ne plus subir ! De vous cracher ma haine ! De me faire enfin serpent, me défendre, piquer, mordre ! Vous m'avez tellement dit que j'étais gentil, adorable, bon, serviable ! Je me délecte par anticipation de votre surprise, quand vous me verrez méchant, détestable, pourri, infréquentable ! Je me marre....

Je veux que vous me voyiez ivre à vomir ! Que vous me voyiez défoncer d'herbes roulées ! Que vous m'entendiez gueuler des insanités ! Qu'enfin vous me voyiez devenir ce que vous appelez un homme !

Ouais... je me marre...

Mais malheureusement, malheureusement... je suis bien incapable de vous faire ça ! Incapable de pourrir. Incapable de vous mentir, de me mentir ! Je vais sûrement changer oui. C'est même certain...

Mais je ne serais jamais un de ces putains de machos, je ne roulerai jamais pour le fric, je ne pourrai jamais refuser un service, et je continuerai à plaindre le fils indigne, le plaindre de sa misère, lui qui pour ne pas l'aider se prive d'une mère. Je continuerai à parler de mes morts au présent, parce-que comme hier je les aime, toujours... Et oui un jour je partirai, en fumée. Demain, après demain... et oui je vous pardonnerais si vous venez renifler, pleurer... parce-que comme hier je vous aime, toujours... Et même à toi je pardonnerai, toi qui m'en fait baver, parce-que plus encore qu'hier je t'aime...

Alors peu importe qu'on me traite d'adolescent suicidaire, peu importe qu'on rit de mes textes... Moi c'est comme ça que je vis, que je survis... Que ça plaise ou non n'est pas mon problème... J'écris, je ne fait rien qu'écrire... Ecrire tout ce que je vis, comme je le vis... Et au moins, devant mon miroir, chaque nouveau matin où j'ai la force de me lever, au moins je n'ai pas mauvaise conscience...

Coquinerie sur la tendresse

Posté le 11.06.2006 par Stephane
J[FONT=Courier][COLOR=blue][SIZE=7]
Tu dis les mots qui font vibrer,
Ceux qu'on dit quand les yeux se baissent,
Tout mon corps se met à trembler,
       Et ma tendresse alors se dresse...
 
Et quand tu poses tes mains sur moi,
Que tu me dis je t'aime en caresses,
De désir fou je tends vers toi,
      Toute ma tendresse qui se dresse...
 
Prends bien soin d'elle, elle est fragile,
Regarde là comme elle se lève,
Au velour de ta main agile,
      Quand tu la guides vers tes lèvres...
 
Cueilles ses fruits entre tes mains,
Goûtes la larme qu'elle va verser,
Embrasses là, aime la bien,
      Ne la laisses pas retomber...
 
Poses tes doigts sur ce trésor,
Entre tes seins fais lui caresses,
Offres les courbes de ton corps,
      A ma tendresse qui se dresse...
 
Enfermes la dans tes décors,
Réchauffes la de tes envies,
Et quand nos corps crieront encore,
      Notre désir jamais assouvi...
 
Je murmurerai à ton oreille,
Je t'aime, je t'aime pas de paresse,
Ne laisses jamais mon désir en sommeil,
      Regardes ma tendresse se dresse...
 
Chevauches la, prends la en toi,
Non il ne faut jamais que tu laisses,
S'endormir mon envie de toi,
      Lorsque ma tendresse se dresse...
 
Fais moi l'amour, bouges plus fort,
De cent plaisirs fais toi déesse,
Enflammes toi, fais jouir ton corps,
      De ma tendresse qui se dresse...
 
Mon souffle est court, aimes moi encore,
De me faire jouir fais toi promesse,
Voilà que vers le ciel on part encore,
      Et elle t'innonde... ma tendresse.
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